Cela va faire maintenant 5 ans que j’accompagne des élèves de tous niveaux et de tous âges, de l’adolescent entrant en classe de 6ème, à l’adulte de 50 ans qui reprend les études. J’ai eu plus d’une centaine d’élèves différents, avec des problématiques variées et je souhaitais partager ce retour d’expérience avec vous.

 

  • Le premier constat qui s’impose est qu’il est primordial qu’une relation de partenariat s’installe entre les parents, l’enfant et le professeur. Sans cette relation, aucun travail convenable ne peut être réalisé. J’ai eu le cas une fois où un parent n’avait aucune confiance vis-à-vis de mes compétences, il m’a été impossible de mener ma mission à bien et nous avons dû rapidement arrêter. Il en va de même pour la relation élève-professeur, l’étudiant doit obligatoirement se sentir « à l’aise » avec la personne qui lui donne des cours. C’est en ce sens que la première heure de cours devrait toujours être gratuite. S’il n’existe pas de complicité entre ces deux personnes, il est préférable d’arrêter. Enfin la relation parent-enfant est elle aussi primordiale, souvent les parents infantilisent, ou déresponsabilisent le jeune, ce qui à terme peut nuire à la relation familiale. Je responsabilise énormément mes étudiants, ils doivent assumer leur dire, ainsi qu’être conscient que seul le travail et l’effort pourra leur permettre d’avoir ce qu’il souhaite. Sans être dure avec eux, là n’est pas le but, j’essaye de leur faire comprendre la place prépondérante du travail Si vous faites appel à mes services, je me battrai pour vous et vos enfants, mais j’attends aussi que l’élève en face de même.

 

  • La relation parent enfant m’amène à mon deuxième point. J’entends souvent dire par les parents, notamment au début du suivi, que mon fils ou ma fille sont nuls en maths, tout comme eux à l’époque. Cette phrase est à éviter, cela va déresponsabiliser votre enfant, et finalement le conforter dans ses difficultés. Personne est intrinsèquement nul en mathématiques, il est possible que certains ont davantage de difficultés, mais celles-ci ne sont jamais irréversibles. Les difficultés sont d’ailleurs généralement liées à des événements exogènes ; professeurs de piètre qualités ou absents, point d’un chapitre non compris, absence de l’élève, problèmes familiaux… sont d’autant d’éléments pouvant expliquer une difficulté passagère mais qui est toujours récupérable par le travail.

 

  • Le troisième point que je veux souligner qui va en opposition à la croyance collective, il n’existe pas une méthode type qui permettra aux élèves de comprendre les mathématiques. Je m’adapte à chaque besoin, je connais très bien les programmes scolaires, ainsi que les jeunes, et j’essaye de m’ajuster au mieux à leur demande. Beaucoup d’empathie, de patience et de répétitions sont nécessaire pour comprendre les problèmes des élèves. La mise en avant par certains professeurs « d’une méthode révolutionnaire » prête à sourire. Être à l’écoute, s’investir aux maximum auprès des élèves et les pousser à la réussite en les valorisants et les encourageants sont la clé d’une future réussite. Faire que l’élève reprenne confiance en lui et en ses capacités est la base de mon travail. Une fois ces fondations installées il est plus facile de le faire progresser.

 

  • Cette réussite est mon quatrième point. Encore une fois je tiens à faire remarquer qu’il n’y a pas de miracle, ce n’est pas en deux cours que l’on devient bon en mathématiques. La progression se fait par palier et prend plusieurs mois. Les premiers signes d’amélioration apparaissent souvent au bout d’un mois ou deux, mais c’est seulement au bout de 4 - 5 mois qu’on constate une réelle différence. Si vous m’appelez au mois de mai pour le bac au mois de juin, j’essayerai de faire au mieux, mais je suis conscient que cela n’apportera pas une grande plus-value.

 

  • Comme je l’ai indiqué,  s’améliorer en mathématiques est long, il est préférable donc de faire appel à un enseignant dès qu’une difficulté se fait ressentir. Souvent les parents, ainsi que les élèves attendent le dernier moment pour rechercher un enseignant particulier (ce que je peux parfaitement comprendre). J’ai ainsi chaque année une petite dizaine de nouveau élève qui sont en classe de terminale et souhaite s’améliorer pour obtenir le bac. Il est dommageable de s’y prendre si tard, l’année de la terminale est une année clé, il aurait été profitable de commencer plus tôt. De nombreux élèves et parents préfèrent attendre pour diverses raisons, en espérant que le problème puisse se résoudre seul et choisissent un enseignement à domicile en dernier recours. Il est toujours préférable de s’y prendre en amont. J’ai eu le cas de nombreuse fois, mais pour ne citer qu’un des exemples les plus frappant, j’ai suivi deux élèves de la même classe qui avait les mêmes difficultés en première et la même moyenne, environ 7,5. J’ai débuté avec un en terminale, l’autre au début du second trimestre de première. Celui dont j’ai débuté le suivi en première a vu sa moyenne passée à plus de 14,5 et 18 au bac, alors que l’autre seulement à 12 avec un 12 au bac. Il me parait important de prendre le problème le plus tôt possible.

 

Enfin pour conclure à mon niveau, je pense qu’un enseignant, au-delà d’aimer sa matière, doit surtout aimer le travail avec les jeunes, faire preuve de patience et de compréhension. Ce n’est pas tant la connaissance mathématique qui va différencier un bon professeur d’un mauvais, mais plutôt comment il va faire partager sa discipline avec l’élève et comment il va faire que celui-ci reprenne confiance en lui. Au démarrage beaucoup de jeunes que j’ai suivi sont allergiques aux mathématiques, mais après deux à trois mois ils prennent du plaisir à apprendre et sont de plus en plus performants. C’est ce plaisir que je cherche à donner aux jeunes, car une fois qu’on a cette envie tout devient plus facile.